C’est des mains noires couvertes de cicatrices blanches.

C’est les blessures anciennes de peuples africains, et la peau écorchée dents serrées s’en souvient, par-delà les exils et l’eau interminable.

C’est des sillons creusés à l’endroit des empreintes, des registres biffés; c’est des lignes de fuite.

C’est des mains anonymes; c’est des corps disparus, engloutis, devenus paysages. C’est des corps abolis dans la douleur atroce.

C’est des entailles comme il y en a parfois sur les murs des cachots, pour retenir les jours. C’est Robinson au désespoir dans l’attente fébrile, assis près de la mer, nargué par le ressac et scrutant l’horizon.

 

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